Les différents chiens de détection

Un chien de détection, parfois appelé chien renifleur, est un chien spécialement dressé pour signaler la présence de différentes matières (explosifs, armes, munitions, produits stupéfiants, argent liquide, ivoire, écailles de pangolins, etc.) ainsi que certaines maladies. En France, ces chiens sont utilisés comme chiens policiers par les services de police, gendarmerie, douane et sécurité privée. Bien qu’ayant un profil commun, ils sont à distinguer des chiens de sauvetage, utilisés eux pour rechercher et secourir des personnes.

Sommaire

  1. Principales qualités requises
  2. Les différents chiens de détection
  3. L’apprentissage d’un chien de détection
  4. Les races les plus utilisées dans ce domaine

Principales qualités requises

A l’instar des chiens de sauvetage, certains chiens auront un tempérament et des qualités physiques plus adéquats pour exceller dans le travail. Les chiens de détection présentent, entre autres, un profil qui leur permet de performer en détection de toutes sortes :

  • ce sont des chiens joueurs : avant de commencer une formation, il convient de déterminer si le chien aime jouer. C’est une caractéristique essentielle à sa réussite en tant que chien détecteur. S’il ne souhaite pas apprendre, jouer et que recevoir des récompenses ne l’intéresse pas, il sera impossible, ou du moins, beaucoup plus difficile de l’entraîner. En fait, ces chiens ne travaillent pas : ils jouent.
  • ils sont intelligents : les chiens renifleurs sont très intelligents. Ils sont capables d’apprendre rapidement, peuvent mémoriser un nombre impressionnant d’odeurs et de commandements et répondre aux demandes avec plaisir.
  • ils sont motivés et dévoués : les chiens qui excellent au travail sont des chiens très volontaires, qui n’abandonnent jamais. Ils sont très motivés à trouver l’odeur cible pour gagner leur récompense et faire plaisir à leur maître, avec qui ils travaillent constamment en binôme.
  • ils font preuve d’une grande capacité de concentration : au travail, ces chiens sont amenés à évoluer dans des secteurs avec beaucoup de circulation humaine (aéroports, gares, parcs, ports, etc.). Être entouré de beaucoup d’humains en mouvement et de bruits parasites ne doit donc pas être un problème pour eux.
  • ils ont un flair exceptionnel : sens premier du chien, leur odorat doit être extrêmement performant et infaillible. Cela va de soi, car c’est leur principal outil de travail.
  • ils sont endurants : certaines races de chien ont de bonnes aptitudes naturelles, mais n’auront pas l’endurance physique nécessaire pour effectuer le travail. En effet, le chien choisi doit être en mesure de faire son travail dans toutes les conditions, avec beaucoup de contraintes.

Les différents chiens de détection

Explosifs

Pour les organisateurs d’évènements, la nécessité de sécuriser les espaces et de garantir la sécurité des personnes est obligatoire. Avant l’ouverture au public d’un stade, d’une salle de concert ou d’un salon, il devient de plus en plus important de vérifier qu’aucun danger ne va survenir. Au sein des missions d’une agence de sécurité s’est donc ajoutée, ces dernières années, la notion de protection contre les attentats. Les chiens détecteurs d’explosifs sont spécialement formés et entrainés pour détecter la présence de molécules chimiques entrant dans la composition des explosifs. Dans cette spécialisation, le marquage doit être passif : le chien se couche alors devant les explosifs.

Armes et munitions

Les chiens spécialisés dans la détection d’armes et de munitions peuvent être déployés dans différentes enquêtes : trafic d’armes, grand banditisme (trafic de stupéfiants, vol à main armée, actes de violences aggravées, etc.), petite délinquance (trafic de stupéfiants, détention illicite d’arme, violence avec arme, etc.) ou pour l’orientation d’une enquête (recherche de douilles, d’étuis, contrôle de collectionneurs, braconniers, etc.). Le chien de recherche d’armes à feu et de munitions est uniquement formé à la détection de l’odeur bien particulière de l’huile employée pour lubrifier et entretenir les mécanismes et le canon des armes à feu ainsi qu’à l’odeur de résidus de poudre présents sur l’arme ou les douilles après un tir. Le chien se concentre donc exclusivement sur l’odeur associée aux armes et aux munitions, sans se soucier de la contamination de l’odeur humaine dans la zone de recherche. Ces chiens sont redoutablement efficaces dans les maisons et appartements perquisitionnés, filant tout droit vers les caches d’armes, souvent localisées dans des doubles cloisons ou des meubles à double fond, et marque activement. Une spécialisation à l’origine de la découverte de plusieurs milliers d’armes et cartouches depuis leur déploiement, permettant par la même occasion la résolution de certains crimes.

Stupéfiants

Les chiens de détection de stupéfiants sont capables de détecter toutes les substances illicites, à condition que celles-ci soient odorantes et que l’animal ait appris à les mémoriser : cannabis, héroïne, cocaïne et bien d’autres. Certaines drogues, comme le LSD par exemple, sont indétectables car totalement inodores. En formation, le chien apprend à marquer de manière active la cache et ne jamais mordre dans le produit, pour éviter la surdose par ingestion ou inhalation. Contrairement aux idées reçues ces chiens ne sont jamais en contact direct avec les différentes drogues. La détection dépend de nombreux facteurs : quantité de drogue, conditions climatiques, mais également l’endroit où est stockée la substance (poche, valise, etc.) et de son emballage. Du cannabis exposé à l’air libre pendant une journée et avec un vent favorable rabattant les odeurs vers le chien peut permettre à l’animal de détecter la drogue à 200 mètres. Si les conditions sont moins avantageuses, alors l’animal devra parfois passer à moins de 50 centimètres de la substance pour la repérer.

Argent liquide

Utilisés pour des enquêtes concernant des braquages, de la vente de drogue ou du blanchiment d’argent sale, les chiens détectent les billets de banque grâce à l’odeur de l’encre utilisée pour l’impression.

Ivoire et écailles de pangolins

Formés pour lutter contre le trafic d’espèces sauvages menacées, des chiens renifleurs d’ivoire et d’écailles de pangolins sont utilisés au Kenya dans le grand port de Mombasa ainsi qu’en Tanzanie, des endroits clés du trafic d’ivoire en Afrique de l’Est. Ils contribuent à faciliter les saisies, protéger la faune sauvage et conduisent parfois à l’arrestation de braconniers.

Maladies

A l’instar des chiens d’assistance pour personnes diabétiques et épileptiques, certains chiens ont la capacité de percevoir les composés chimiques liés à certaines maladies comme le paludisme, les crises de migraine ou certains cancers. L’odorologie canine, utilisée comme moyen de diagnostic précoce et non-invasif des tumeurs, est un axe de recherche international. Les personnes atteintes d’un cancer dégageraient, à leur insu, des molécules volatiles reconnaissables par l’odorat des chiens.

L’apprentissage d’un chien de détection

Le chien de détection doit suivre une formation assez exigeante afin de de s’exécuter en toute sécurité sur le terrain. Elle comporte plusieurs étapes déterminantes avec le dresseur ainsi qu’avec son maître. La durée de la formation maître-chien avec un chien personnel varie d’une équipe à l’autre, mais cela peut s’étaler sur 1 an. L’entraînement d’un chien par un professionnel peut, quant à elle, durer de 2 à 6 mois. Une chose importante à comprendre, c’est que l’apprentissage n’est jamais terminé, il devra continuer à se faire quotidiennement, et ce tout au long de sa carrière. Il y a 7 étapes importantes à suivre pour dresser un chien en détection. La méthode dont nous parlerons ici est générale. Selon la spécialisation il est possible de faire plus d’étapes, mais il est aussi envisageable de faire des raccourcis. Les voici :

  • étape 1: trouver le jouet favori du chien. Il faut réussir à trouver le jouet favori du chien, par exemple une balle ou un kong. Idéalement, ce jouet-là doit se transporter facilement sur une ceinture pour simplifier le travail. À partir de ce moment-là, le chien va jouer avec le jouet seulement lors des entrainements de détection afin de garder ce privilège en détection.
  • étape 2 : chercher le jouet. Pour commencer, on apprend au chien à chercher son jouet. On le lance ou l’on demande à quelqu’un de le cacher. Ensuite, on laisse le chien aller vers le jouet en lui donnant le commandement voulu. Il est important que le commandement soit un mot simple que l’on garde le même durant l’entrainement. Les premières fois, on laissera au chien la possibilité d’attraper la balle. Par la suite, on augmentera progressivement la difficulté.
  • étape 3 : cacher le jouet. On commencera ensuite à cacher le jouet en s’assurant qu’il ne puisse pas l’attraper. Le chien va s’agiter et chercher un moyen d’y accéder. C’est un des moments durant lequel on peut intégrer le signalement voulu (assis, coucher, aboiement, fixation, etc.). Dès que le chien s’exécute, on lui lance le jouet (un deuxième identique à celui qui est caché, mais que l’on aura sur nous).
  • étape 4 : intégration de la première odeur. Une fois que le chien a bien compris le jeu, c’est le moment d’intégrer la première odeur. Pour commencer, on la cachera avec le jouet du chien. Ainsi, le chien associe rapidement que l’odeur va avec son jouet.
  • étape 5 : on retire le jouet. Après plusieurs séances, le jouet sera retiré et on laissera seulement l’odeur. Lorsque le chien trouvera la première odeur facilement sans avoir besoin de la présence de son jouet, on pourra en intégrer de nouvelles.
  • étape 6 : intégration de nouvelles odeurs. Pour intégrer les odeurs suivantes, on peut mettre l’odeur inconnue cachée seule ou recommencer les étapes précédentes avec le jouet et l’odeur ensemble. Comme c’est une odeur forte qui sort du quotidien, le chien va naturellement être attiré par celle-ci. On le dirige vers elle, après quelques secondes, le nez sur l’odeur, on demande le signalement du chien, par exemple « assis ». Dès que le chien s’assoit, on le récompense.
  • étape 7 : association de l’odeur au jeu. Après quelques entraînements, le chien va associer la nouvelle odeur au jeu. Cela fonctionnera pour toutes les odeurs nécessaires au travail du chien. Le chien doit avoir le plus de plaisir possible pendant les entraînements lorsqu’il trouve les odeurs. Car ce sera, pour lui, la seule raison de les chercher.

Les races les plus utilisées dans ce domaine

En détection, le choix de la race de chien est vaste. Il est possible d’utiliser des chiens de type berger comme le berger allemand ou le berger belge malinois, mais aussi d’autres races comme le labrador, le braque allemand, le beagle, les épagneuls et le golden retriever. On distingue cependant une tendance mondiale vers le berger belge malinois.

Sources

lemalinois

K9maîtrechien

ifaw

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