La Société Protectrice des Animaux (ou SPA), c’est avant tout une longue et belle histoire dont les premières pages se sont écrites dès le milieu du 19ème siècle. A l’origine, l’association avait pour combat la protection des chevaux que les cochers parisiens maltraitaient. Au fil du temps, l’action de l’association s’est développée et son intérêt s’est élargi aux autres espèces animales, en particulier les animaux de compagnie. La SPA est, en France, la plus ancienne des sociétés œuvrant dans le domaine de la protection animale.
Sommaire
- La genèse d’un combat
- Création de la SPA
- Combats éthiques
- Ressources
- La SPA en quelques grandes dates
La genèse d’un combat
Un jour de septembre 1843, le docteur Pierre Dumont de Monteux assiste depuis sa voiture en plein Paris à une scène qui le laisse horrifié : un charretier malmène un cheval attelé à une carriole de marchandises qui ne souhaite plus avancer. Il lui donne des coups de pieds sur les pâturons et le cogne avec le manche de son fouet. Le docteur intervient auprès du charretier pour le faire cesser. À la suite de cet incident, il adresse une lettre à Gabriel Delessert, préfet de police de Paris, et la fait publier dans La Rédaction Agricole. Le 5 octobre 1843, le préfet signe un arrêté qui, sous peine de sanctions immédiates, interdit désormais aux cochers et aux charretiers de frapper les chevaux avec le manche de leur fouet. Le docteur Dumont de Monteux souhaite poursuivre le combat. Avec deux autres médecins, Camille Paganel et Parisot de Cassel (directeur de La Rédaction Agricole), ils souhaitent réunir quelques bonnes volontés pour créer une association de défense des animaux.
Création de la SPA
Le 2 décembre 1845, Parisot de Cassel reçoit chez lui un groupe d’hommes soucieux du sort des chevaux. Parmi eux, des militants sont présents comme Etienne Pariset, Camille Paganel, Henry Blatin. C’est au cours de cette soirée que la Société Protectrice des Animaux voit le jour, après des heures de discussions autour des animaux. Le docteur Etienne Pariset, parisien de 73 ans, est élu président de l’association et le docteur Dumont de Monteux est désigné pour rédiger les statuts. Les 18 pionniers de l’association, Etienne Pariset en tête, sont reçus le 31 janvier 1846 par le préfet de Police Delessert pour présenter les 29 articles des statuts. L’acte de création de la SPA est rendu public le 3 avril 1846. Elle est reconnue d’utilité publique par décret du 22 décembre 1860.
L’association recueille les animaux en détresse, abandonnés, perdus ou maltraités dans ses 56 refuges et 6 maisons SPA sur le territoire français. Les animaux sont pris en charge par l’équipe du site à la suite d’un abandon, d’un retrait pour maltraitance ou d’une sortie de fourrière. Les animaux (chiens, chats et NAC : nouveaux animaux de compagnie) sont identifiés, stérilisés, vaccinés, hébergés, soignés, éduqués et socialisés pour être proposés à l’adoption. La SPA aide également les propriétaires démunis par le biais de ses 12 dispensaires, qui permettent aux personnes à faibles ressources (sans domicile fixe, allocataires des minima sociaux, etc.) de faire soigner, vacciner, stériliser et identifier leur animal. Elle intervient également contre la maltraitance animale grâce à un réseau de 700 délégués-enquêteurs bénévoles et d’inspecteurs, et poursuit en justice les personnes coupables de mauvais traitements envers les animaux. Sa cellule anti-trafic (CAT) mène des enquêtes sur les professionnels pour mettre à jour les différents trafics d’animaux, sources de maltraitance. Aussi, la SPA sensibilise le grand public au bien-être animal et à l’adoption responsable, et lutte pour faire avancer la cause animale. Elle éduque en parallèle les générations de demain avec pédagogie au respect de l’animal à travers ses clubs Jeunes et ses interventions dans le milieu scolaire et parascolaire. De plus, elle soutient les associations et les collectivités dans leurs projets de protection animale.
Combats éthiques
Stérilisation des chats
Le 13 octobre 2020, l’association lance une campagne nationale de sensibilisation à la stérilisation des chats. Elle lutte en permanence pour cette cause car la stérilisation des chats a un impact sur la population des chats, et sur les abandons. En effet, des propriétaires qui ne stérilisent pas leur chat pour raison financière ou dû à des aprioris, peuvent se retrouver dépassés par les portées engendrées. En ce sens, la stérilisation est un investissement qu’un propriétaire réalise une seule fois pour le bien-être de l’animal.
Corrida
En novembre 2017, l’association attaque les acteurs de la corrida devant le juge pénal : elle dépose le 6 novembre 2017 une plainte visant la corrida. Cette action pour sévices graves et actes de cruauté est engagée devant le tribunal de grande instance de Paris et vise les toreros, les sociétés organisatrices de spectacles de corridas, et les municipalités qui les autorisent. Le délit de sévices graves et actes de cruauté est puni de 2 ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende. Pour l’association, le texte pénal qui autorise en France les « courses de taureaux » doit être interprété de façon restrictive et ne peut s’appliquer aux corridas qui consistent à mettre à mort l’animal après de multiples tortures. L’association espère ainsi inciter les pouvoirs publics à modifier la législation pour répondre aux attentes fortes de la société en matière de respect de la sensibilité des animaux. Une campagne de mobilisation contre la corrida est lancée le 4 avril 2019 auprès du grand public, ainsi que des députés et sénateurs. Cette campagne met en avant le paradoxe existant entre d’un côté la corrida, qui est autorisée dans certaines régions de France, et d’un autre la maltraitance animale, qui est punie par la loi. Une pétition en ligne a notamment été diffusée, et a atteint plus de 100 000 signatures. Un courrier a également été envoyé aux députés et sénateurs pour leur demander de se positionner contre cette pratique cruelle, et de proposer une réécriture de la loi afin d’abolir la corrida en France. En octobre 2019, l’association saisit à nouveau les tribunaux correctionnels et poursuit en justice les acteurs des corridas, c’est-à-dire les communes, sociétés d’organisation et toreros, pour mettre fin à cette pratique. Le 10 septembre 2020, l’association assiste à l’audience au tribunal correctionnel de Bayonne à la suite de l’assignation par voie de citation directe devant les tribunaux de la commune de Bayonne, du président de la société organisatrice de corridas, ainsi que d’un torero de renommée internationale.
Animaux dans les cirques
L’association milite pour l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques et en a fait l’un de ses combats prioritaires. En mars 2018, elle lance une campagne de mobilisation en souhaitant que la France mette fin à cette exploitation commerciale d’animaux sauvages qui génère de la maltraitance, et que les communes n’acceptent plus les cirques avec animaux sauvages. En juillet 2019, aux côtés d’autres associations de protection animale, elle demande expressément au gouvernement de mettre fin à l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques.
Animaleries
En octobre 2020, la SPA s’engage dans un combat éthique contre l’instrumentalisation de l’animal. Elle demande l’interdiction de la vente d’animaux en animalerie et l’encadrement strict des annonces en ligne, pour mettre un terme au marché de la souffrance animale. Sur le front juridique l’association propose une modification de la loi, tandis qu’elle lance en parallèle une campagne de sensibilisation forte et une pétition adressée au gouvernement. Ce business d’êtres vivants incite à l’achat compulsif qui n’impose pas les conditions essentielles à l’intérêt des animaux et des acheteurs, et qui présente le risque de se solder par un abandon. Chaque année, 46 000 chiens et chats sont recueillis par l’association. Le service Protection animale et la cellule anti-trafic (CAT) sont confrontés chaque jour à l’envers du décor de ce commerce lorsqu’ils enquêtent sur des affaires de maltraitance. Chaque année, plus de 14 000 enquêtes sont réalisées par l’association.
L’association a soumis au gouvernement une modification de la loi par ordonnance :
- pour interdire la mise en activité de tout établissement commercial de vente de chiens et de chats nouveau, réaménagé ou cédé à l’année 2021 ou 2022 ;
- pour interdire d’exercer une activité de vente d’animaux sans détenir la femelle reproductrice dont il est issu ;
- et donc réserver les annonces en ligne aux seuls éleveurs et professionnels agréés.
Ressources
La SPA déclare en 2020 un budget de 72,2 millions d’euros, dont 84 % est issu du public (en majorité grâce à la générosité de 260 000 donateurs, de 26,2 millions d’euros sous forme de legs et de 27,5 millions d’euros sous forme de dons). En plus de ses 710 salariés, l’association déclare le soutien de 4 096 bénévoles et de 19 100 adhérents en 2020. L’association gère également 56 refuges et 12 dispensaires sur le territoire national.
La SPA en quelques grandes dates
- 1845 : création de la Société Protectrice des Animaux.
- 1850 : l’Assemblée Nationale approuve la première loi relative aux mauvais traitements exercés envers les animaux domestiques grâce au Général de Grammont, un des Présidents de la SPA.
- 1860 : Napoléon III accorde la reconnaissance d’utilité publique à la SPA.
- 1903 : le premier refuge de la SPA ouvre à Gennevilliers (92).
- 1945 : le premier dispensaire de la SPA ouvre à Paris (75).
- 1948 : la Section Jeunes de la SPA est créée pour sensibiliser les enfants au respect des animaux, permettant l’accession au bénévolat pour les jeunes de 11 à 17 ans.
- 1976 : l’Assemblée Nationale adopte la première loi de protection animale qui reconnaît les animaux comme êtres sensibles (code rural) à la suite à la proposition de la « Charte de l’animal » déposée par la Présidente de la SPA Jacqueline Thôme-Patenôtre en 1972.
- 1993 : la Cellule Anti-Trafic de la SPA est créée pour lutter contre les élevages clandestins.
- 1994 : grâce à l’action de la SPA, le nouveau Code Pénal réprime les actes de cruauté envers les animaux de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende, et les mauvais traitements d’une amende allant de 457 € à 762 €.
- 2014 : l’Assemblée Générale de la SPA proclame son opposition à toute euthanasie non justifiée par des raisons médicales.
- 2015 : le Parlement adopte la proposition de loi conférant aux animaux le statut d’« êtres vivants doués de sensibilité » dans le code civil. Les premières Maisons SPA ouvrent en centre-ville.
- 2016 : la SPA inaugure le Grand Refuge de Pervenchères (61) dédié aux équidés.
- 2021 : la SPA poursuit son combat contre la notion d’animal objet et participe à faire voter en première lecture à l’Assemblée Nationale de nouvelles lois : interdiction de ventes en animalerie et limitation des petites annonces en ligne aux professionnels. La SPA adopte sa stratégie pour 2030 : être partout, pour tous et lutter contre toute forme de maltraitance.
Sources
Voir aussi :
- Les chats à adopter à Chambéry
- Les chiens à adopter à Chambéry
- Mes services de pet-sitting à Chambéry
