Le pelage du chien est un élément essentiel de son organisme.
En fonction des races, il existe de grandes variétés de pelage. En effet, la couleur, les motifs, mais aussi la longueur, l’épaisseur et la texture du poil peuvent
différer grandement d’une race à l’autre et même parfois d’un individu à l’autre.
Entre les poils longs, courts, durs, soyeux, les robes simples, composées ou modifiées, la fourrure des chiens peut prendre de multiples aspects.
Sommaire
- À quoi sert le pelage du chien ?
- La structure du poil du chien
- La structure de la peau du chien
- Le cycle de croissance du poil du chien
- Les types de pelage chez le chien
- Les changements de pelage au fil du temps
- La mue du poil du chien
- La beauté du pelage reflète l’état de santé du chien
- Conclusion
À quoi sert le pelage du chien ?
Le pelage du chien n’a pas qu’un effet esthétique, loin s’en faut. Il remplit en réalité plusieurs fonctions cruciales, comme :
- une protection contre les blessures
- une protection contre le soleil
- une protection contre les températures extrêmes
La structure du poil du chien
Le poil est l’élément de base de la fourrure du chien. Il est composé d’une partie enfouie dans le derme (le follicule) qui correspond à la racine, et d’une partie visible (la tige) constituée d’une protéine dénommée kératine ainsi que de nombreux minéraux en quantité infime.
À l’intérieur du follicule se trouve une glande sébacée, qui comme son nom l’indique produit le sébum permettant d’hydrater la peau et de lubrifier le poil. À proximité immédiate du follicule se situe un minuscule muscle qui, en se contractant, redresse et hérisse le poil : c’est ce qui se produit lorsque l’animal a peur ou se montre agressif.
Le chien présente un pelage composé, c’est-à-dire qu’il existe plusieurs types de poils. On distingue ainsi :
- les poils primaires, aussi appelés poils de jarre : ils sont de grande taille, épais, droits et implantés profondément dans le derme. Ils forment une couche imperméable appelée poil de couverture, qui a pour rôle de protéger le chien de l’eau et des intempéries. C’est la longueur des poils primaires qui détermine la longueur du pelage du chien
- les poils secondaires, aussi appelés sous-poils. Ils sont plus courts, fins, laineux, parfois ondulés ou même frisés. À la puberté du chien, ils se regroupent par paquet autour des poils primaires : c’est pourquoi le pelage d’un adulte est plus dense que celui d’un chiot. Ils ont pour fonction de le protéger du froid, mais aussi des fortes températures : ils assurent donc son isolation thermique.
Tous les follicules (primaires comme secondaires) sont présents dès la naissance : il n’y a donc pas de « nouveau poil » à proprement parler. Pour autant, tous ne sont pas actifs en même temps et n’évoluent pas simultanément.
La structure de la peau du chien
La peau du chien est un organe complexe qui représente une barrière naturelle et fondamentale entre l’organisme et l’extérieur : elle permet notamment de limiter drastiquement l’infestation par des agents pathogènes et de limiter les pertes thermiques.
Elle est constituée de trois couches successives :
- l’épiderme, la couche en contact avec l’environnement. Elle ne contient ni vaisseau sanguin, ni nerf : il s’agit donc de cellules « mortes », qui tombent et sont renouvelées en continu
- le derme, la couche intermédiaire, qui joue d’une part un rôle immunitaire, en stoppant les agents pathogènes ayant réussi à traverser l’épiderme, et d’autre part un rôle sensoriel, puisqu’on y trouve notamment des fibres nerveuses et des vaisseaux sanguins
- l’hypoderme, très riche en graisse, qui est la couche la plus profonde de la peau. Elle permet de stocker les lipides en excédent, de réguler la température du corps du chien et d’amortir les chocs.
L’ensemble mesure entre un et cinq millimètres d’épaisseur selon la zone concernée (la peau est par exemple plus épaisse sur le dos et plus fine sur le ventre), la race et l’état de santé du chien.
Les follicules pileux sont ancrés dans le derme et traversent l’épiderme au niveau de trous minuscules appelés « orifices folliculaires« . Les vaisseaux sanguins apportent à la peau les nutriments dont elle a besoin (principalement des protéines, vitamines et oligo-éléments issus de l’alimentation); une partie importante de ces nutriments est ensuite utilisée pour la croissance et le renouvellement du pelage. C’est la raison pour laquelle une alimentation déséquilibrée ou de mauvaise qualité a des répercussions visibles sur l’état de la peau et du poil du chien.
Le cycle de croissance du poil du chien
Comme le cheveu humain, le poil d’un chien pousse de manière cyclique, selon la phase d’activité du follicule correspondant. On distingue trois phases d’activité successives :
- la phase anagène, qui est une phase de croissance de la tige du poil
- la phase catagène, qui est une phase intermédiaire ou de transition
- la phase télogène, qui est une phase de repos, pendant laquelle la tige cesse de pousser. On parle alors de « poil mort ».
Après la phase télogène, une nouvelle phase anagène commence, et la nouvelle tige qui commence à pousser fait tomber le poil précédent.
Chaque follicule présente un cycle de croissance indépendant de celui de ses voisins : ainsi, certains poils poussent pendant que d’autres sont au repos, et inversement. La durée de chaque phase et la proportion de poils dans chacune dépendent principalement de la race : chez le caniche par exemple, la phase anagène est particulièrement longue, et la majorité des poils poussent simultanément. D’autres facteurs jouent sur le cycle de croissance du poil, tels que le sexe du chien, son âge, son alimentation et son état de santé.
Selon leur localisation et leur nature, tous les poils ne poussent pas à la même vitesse : par exemple, les poils de couverture poussent plus vite que le sous-poil, et ceux situés au niveau du visage sont traditionnellement ceux qui grandissent le plus lentement.
Les types de pelage chez le chien
Il existe de nombreux types de poils selon les races de chiens, et même selon les variétés au sein d’une même race. Tout dépend de la densité du pelage (présence ou non d’un sous-poil, abondance du poil, etc…), de sa longueur (court, mi-long, long, etc…) et de son aspect (fin ou épais, raide ou bouclé, etc…). Nous retrouvons :
- les chiens nus, qui sont entièrement ou quasi-entièrement dépourvus de pelage (chien nu du Pérou, american hairless terrier, chien du pharaon).
- les chiens à poil ras, qui possèdent un sous-poil court et peu abondant, ainsi qu’un poil de couverture court et lisse (dobermann, bull terrier, cirneco de l’Etna, ratier de Prague).
- les chiens à poil court, qui possèdent un sous-poil abondant, dense et laineux avec un pelage de couverture court et lisse (labrador, bouvier australien, chien-loup tchèque).
- les chiens à poil mi-long, qui sont pourvus d’un sous-poil plus ou moins dense selon les races et un pelage de couverture abondant de longueur moyenne (border collie, berger blanc suisse, cocker américain).
- les chiens à poil long, qui possèdent un pelage très abondant et de grande longueur, avec ou sans sous-poil (colley à poil long, Yorkshire terrier, samoyède, lévrier afghan).
- les chiens à poil dur, qui disposent un sous-poil peu fourni et un poil de couverture sec et rêche au toucher (airedale terrier, shikoku ken, westie, fox terrier).
- les chiens à poil bouclé ou frisé, qui possèdent très peu de sous-poil et un qui croît lentement et de manière quasi continue (labradoodle, caniche, chien d’eau portugais, cockapoo).
Les changements de pelage au fil du temps
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le pelage d’un chien n’est pas figé dans le temps : il évolue en fonction de plusieurs paramètres, notamment :
- chez le chiot : il vient au monde avec un pelage temporaire très fin, comme un duvet. À partir d’environ 4 à 6 mois (qui correspond à l’âge de la première mue) et jusqu’à la fin de sa croissance, le duvet se transforme pour prendre peu à peu sa couleur et sa texture d’adulte. C’est seulement autour de la puberté du chien, entre 6 et 18 mois selon les races, que l’on considère le pelage comme étant définitif.
- les saisons : les mélanocytes (cellules qui pigmentent les poils) étant inactifs à très haute altitude ou à très basse température, ils cessent alors de produire des pigments de couleur, et le pelage devient donc blanc au lieu d’être coloré. Un changement de couleur de pelage passe nécessairement par une mue conséquente et saisonnière.
- chez le vieux chien : avec le temps, les mélanocytes produisent moins voire plus du tout de pigments. Les poils continuent donc de pousser, mais certains deviennent grisonnants voire blancs, en particulier au niveau du visage. Il s’agit du même phénomène que l’on observe chez l’Homme.
La mue du poil du chien
Comme les cheveux des humains, les poils des chiens poussent, meurent et tombent toute l’année. Un chien qui perd ses poils n’a donc a priori rien d’anormal. Cependant, à certaines périodes de l’année, on constate une augmentation de la quantité de poils perdus : ce sont les chutes saisonnières, ou mues.
Les mues ont pour fonction de renouveler les poils usés ou abîmés, mais aussi d’adapter le pelage aux nouvelles conditions climatiques qui s’annoncent (remplacement du poil d’été par un pelage d’hiver plus fourni, et inversement). Pour cette raison, elles ont traditionnellement lieu à l’automne et/ou au printemps. Les mues d’automne sont moins importantes que celles du printemps, car le sous-poil n’est pas renouvelé.
Le nombre de mues, leur période et leur intensité dépendent principalement de la race et du mode de vie.
La beauté du pelage reflète l’état de santé du chien
Comme le cheveu chez l’Homme, l’état du pelage d’un chien est un très bon indicateur de son état de santé.
En effet, un chien qui se porte bien possède un poil sain, brillant et aux couleurs plus vives. À l’inverse, un pelage terne, sans éclat ou clairsemé est toujours le reflet d’un problème de santé plus ou moins grave : une allergie, une carence alimentaire, une infestation parasitaire comme la gale sarcoptique ou la teigne, une maladie de peau, etc…
Ne vous alarmez pas si vous constatez une plus grande perte de poils lors de période de mues ou chez les femelles pendant la gestation ou juste après la mise bas : c’est tout à fait normal.
Conclusion
Les poils du chien sont semblables à nos cheveux : ils grandissent, meurent et tombent, puis sont remplacés par de nouveaux poils.
Dans tous les cas, un entretien du pelage du chien approprié et régulier aide à conserver sa fourrure en bon état et à lui permettre de remplir correctement son rôle. La fréquence à laquelle il faut le brosser et démêler son poil, mais aussi celle à laquelle il convient de le laver, varie grandement selon son type de poil et son mode de vie.
En cas de doute, il est préférable de demander conseil à un vétérinaire ou à un toiletteur afin de limiter le risque de mal faire.
Sources :
Voir aussi :
